La robotisation de la construction tournée vers l’humain

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À quoi va ressembler notre futur ? De grands changements sont en cours, de la révolution numérique aux changements démographiques, sanitaires en passant par les changements climatiques. Il s’agit de comprendre comment les robots mis à disposition peuvent disrupter favorablement le secteur de la construction.

Les bases technologiques de l’industrie 4.0 sont les robots autonomes, les simulations, les systèmes d’intégration, les Big Data, la réalité virtuelle, l’impression 3D, le cloud, la cyber-sécurité et l’internet des objets. Transposer au secteur de la construction, la «Construction 4.0» vise la modernisation. La construction intelligente aspire à réorganiser l’industrie de la construction grâce à une révolution robotique. Les robots aériens sont capables de manipuler des objets, d’effectuer des mesures ou des contrôles. On peut citer les exosquelettes – sortes de combinaisons robotisées d’assistance à l’effort. Les capteurs avec la centralisation de leurs données sont une nécessité pour conduire les chantiers. Les machines robotiques transforment des données en action physique, de manière autonome, en toute sécurité et n’importe où. Les robots peuvent remplacer l’homme dans des lieux inaccessibles, dangereux ou irrespirables. Sans oublier, la 4D Printing pour une impression des bâtiments avec des matériaux intelligents.

L’utilisation des robots répond à de nouveaux besoins. L’automatisation rend la construction plus sécurisée, moins onéreuse en améliorant la productivité. Elle augmente la gamme des options de conception, une création des designs plus complexes, à qualité constante. On peut positionner et mesurer avec précision, réduire les déchets de construction, créer une construction plus efficace en énergie. Elle permet de pallier à la pénurie de main-d’œuvre compétente, de faire des tâches répétitives et accélère l’exécution. Il y a un enjeu social et sanitaire avec une transformation des métiers effectués par les ouvriers, et la création de professions pour les hommes et aussi pour les femmes. L’utilisation des robots a besoin de superviseurs pour contrôler le travail et alimenter en matériaux. Des ingénieur-es et des technicien-nes devront concevoir des plans en 3D, utiliser des logiciels de CAO, concevoir des logiciels pour chaque type de robot.

Plus un pays investit dans la robotisation, plus sa croissance économique est grande (Suède, et Allemagne par exemple). La sécurité sur les chantiers et la pénibilité au travail représentent des enjeux majeurs. En effet, le BTP connaît un nombre conséquent d’accidents de travail, soit 8.6% du total en France. 60% des ouvriers accidentés du BTP sont incapables de reprendre le travail. La robotisation introduit une dimension humaine et sociale dans la mesure où elle permet d’améliorer les conditions de travail et d’empêcher d’éventuels risques sanitaires et d’inconfort comme charger ou décharger, amener le matériel sur le lieu de travail, exécuter des tâches difficiles.

La crise du COVID a mis en relief notre incapacité à réagir vite à une catastrophe. À l’instar des Japonais qui s’organisent depuis des années pour faire face aux catastrophes naturelles grâce au déploiement de robots, la France doit investir dans sa capacité de résilience, et de réactivité grâce à l’utilisation quotidienne de robot pour la construction. Dans le domaine du design, les possibilités extérieures se trouvent démultipliées : formes et combinaison de … (Suite de l’article dans le magazine N°13)