Repenser le contrat de maîtrise d’œuvre

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Le débat continue… Après nos deux précédentes tables rondes consacrées à la place de l’architecte dans la construction hors site et à son rôle dans les territoires, cinq professionnels livrent leur regard sur un nouvel enjeu : le contrat de maîtrise d’œuvre à l’ère du hors site. Autrement dit : comment adapter les missions traditionnelles de la maîtrise d’œuvre aux spécificités du hors site ? Quelles évolutions juridiques et contractuelles imaginer ? Et comment préserver la valeur ajoutée de l’architecte tout en intégrant de nouveaux acteurs industriels et des processus collaboratifs innovants ?

Éric Dibling,
dirigeant fondateur d’Ingénéco Technologies

« Sur le plan contractuel, il n’y a pas tant de freins réglementaires. »

Notre métier, c’est d’abord l’assistance à maîtrise d’ouvrage. Nous intervenons depuis une vingtaine d’années sur tout le territoire pour de grands aménageurs publics et privés, afin de calibrer leurs ambitions constructives et de créer du lien entre les filières industrielles et les maîtrises d’ouvrage, dans une dynamique de réindustrialisation.

Dans le cadre des projets ADIVbois et France Bois 2024, dès 2018, nous avons notamment accompagné la Solideo dans cette dynamique, et nous continuerons à le faire jusqu’en 2028 aux côtés de l’Agence Qualité Construction, en vue de capitaliser les retours d’expérience des chantiers des Jeux olympiques, tout en poursuivant nos activités d’expertise amiable, judiciaire et de formation.

Nous sommes aussi, depuis sept ans, la seule PME d’ingénierie spécialisée en génie civil agréée par le ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation en tant qu’organisme de recherche privé. Nos clients industriels et entreprises peuvent faire valoir ce statut dans le cadre de leurs dépenses éligibles au CIR Recherche et au CIR Innovation.

Cette position d’interface nous permet d’observer une évolution nette : la réussite des projets hors site passe par une implication beaucoup plus précoce des constructeurs et des industriels. Tout cela est parfaitement théorisé, qualitativement et quantitativement : en phase de programmation, la marge de manœuvre sur la valeur du projet est maximale ; elle se réduit ensuite très vite une fois la maîtrise d’œuvre engagée.

D’où l’importance d’intervenir tôt, pour activer les leviers juridiques, organisationnels, économiques et techniques du projet.(Suite de l’article dans le magazine N°30)