Centre d’hébergement d’urgence en modules pré-équipés!

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Un site improbable

7 ans, c’est la durée du bail réversible accordé par la Mairie de Paris dans le cadre de la convention d’occupation du domaine public pour ce centre d’hébergement d’urgence de 308 places sur le Bastion de Bercy.

 

L’occupation momentanée de cet espace vert dans le 12ème arrondissement de Paris relevait aussi des Monuments Historiques, car le bastion de Bercy était une place forte de l’enceinte Thiers, érigée entre 1842 et 1844.

Il ne fut accordé que des fondations de 30 cm de profondeur pour ne pas mettre en péril de possibles ressources archéologiques. Mais aussi de conserver le boulevard des canons et le couvert boisé, symboliser l’empilement des couches, et mettre en valeur le talus et le mur en pierre de l’enceinte. Autant de contraintes à régler dans l’urgence, car chaque mois écoulé réduit la durée d’exploitation du lieu d’autant.

Enfin, l’esthétique même du bâti est primordiale, car l’implantation d’un centre d d’urgence est source de fantasmes. L’architecte Guillaume Hannoun avait déjà dû faire face à la colère des riverains lors de la précédente opération dans le 16ème arrondissement qui l’accusaient d’installer un « Sangatte de baraques de chantier » sous leurs fenêtres !

5 MOIS

Permis de construire accordé fin avril, début des travaux en juillet et livraison des deux premières tranches en décembre, avec 5000 m2 de plancher. « Il faut faire très vite, être économique et concevoir une structure à déplacer dans quelques années ».

Le constructeur Seri-Flex a été sélectionné sur appel d’offre pour sa souplesse et sa motivation. Un prototype a été affiné en atelier afin d’optimiser les dimensions des modules pour des chambres de 9 et 18 m2, reliées par des portes et de régler les détails : plaques de plâtre coupe-feu, doublage en OSB, acoustique soignée à 40 dB en bordure du périphérique. « Le travail de l’architecte est différent » nous assure Guillaume Hannoun « Il faut tout définir en amont pour valider les plans d’exécution. Ensuite, le chantier va très vite et l’on n’a pas à suivre toutes les étapes du hors d’eau-hors d’air. »

Intégration dans un site difficile où il a fallu préserver le couvert forestier, le boulevard des canons, les talus et murs de l’ancien bastion, cerné par les autoroutes.

LIEU DE VIE

Un centre d’hébergement d’urgence est un lieu de vie un peu particulier. Destiné aux personnes isolées et aux familles entre la rue et un vrai logement, il ne s’agit pas d’appartements autonomes. Les cuisines et sanitaires sont communs. Il y a des salons à chaque étage, des circulations extérieures, des bureaux, des salles d’activités, de formation, un amphithéâtre de plein-air pour des spectacles et un terrain de sport sur le toit, des codes de couleur pour se repérer, des douches temporisées, des radiateurs bridés, et du matériel robuste.

En cinq mois, les deux premières tranches étaient achevées, grâce à des modules pré-fabriqués.

MODE BINAIRE

L’architecte a imaginé un bâtiment de 90 m linéaire sur quatre niveaux. De la couleur en RDC, puis les deux étages suivant proposent des façades sur un mode binaire, avec soit une soit deux fenêtres par module, avec des jeux de cadres verticaux et un habillage métallique de couleur sobre et onde aléatoire. Le troisième niveau utilise des matériaux plus légers qui prennent les reflets de la ville. La dernière tranche est en cours de réalisation. Puis, dans sept ans, le bâtiment de 4800 m2 sera déplacé. Budget 6,3 M€ HT.

Sur quatre niveaux et 4800m² de plancher, la bâtiment s’organise avec des circulations extérieures et des traitements de façades raffinés. Un RDC coloré, des jeux de cadre et de menuiserie et un dernier étage allégé par un bardage en polycarbonate.

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