Le bois d’ingénierie, boîte à outils en pleine mutation

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Compagnon de route de la construction hors-site, le bois d’ingénierie connaît une progression dynamique. En cours de métamorphose, et économie carbone oblige, il intègre désormais un nombre de plus en plus important d’essences, notamment les feuillus.

Groupe scolaire L’Oiseau Lyre à Noisy-le-Grand (93), r2k architecte. Pour chaque zone, une réponse bois massif et/ou d’ingénierie performante : fermes treillis formant Shed, arborescences poteaux/ contrefiche en bois rond, planchers CLT nervurés, caissons de plancher toiture accessibles en LVL, murs en ossature de bois, refends en CLT et squelette primaire poteau poutre en bois.

L’histoire technique de la construction bois depuis la fin de la guerre n’a pas encore été écrite. Mais d’ores et déjà, on peut noter la disparité des évolutions américaine et européenne dans ce domaine, au-delà des emprunts convergents sur le plan des panneaux (OSB, poutres en I). Quand l’Amérique privilégie les éléments en bois massif standard (le 2×4’’), qui conduisent à des constructions sur chantier des maisons individuelles, l’Europe, de son côté, agit tout autrement. Sur le Vieux Continent, ce sont en effet les bois d’ingénierie qui occupent de plus en plus le terrain et, partant, la construction hors-site.

Né sous les auspices de la chimie germanique

Y a-t-il un lien entre bois d’ingénierie et construction hors-site ? Certainement. Cet engouement pour le bois d’ingénierie, fait école partout dans le monde (y compris aux États-Unis). En Europe, la proximité entre la recherche universitaire et l’industrie, notamment chimique, dans la sphère germanique, ont facilité sa production. Les bois d’ingénierie sont en effet impensables sans la colle et sans les machines. L’application de colles et les machines mènent à la préfabrication en atelier, d’abord pour la production des bois d’ingénierie, et pour leur transformation ultérieure sous forme d’éléments à ossature bois, de systèmes de poteau-poutre, de planchers. La plus ancienne étape de développement du bois d’ingénierie à l’européenne a été le collage de lamelles, le lamellé-collé. Une technique plus que centenaire aujourd’hui. Mais l’étape décisive fut la mise au point de l’aboutage automatique, qui demande à la fois une maîtrise parfaite du collage et des machines de haute technologie et productivité. Abouter, c’est en principe disposer des madriers de longueur infinie. En réalité, cela permet de livrer des barres de même longueur dépassant les longueurs naturelles des sciages. En général, cela n’a pas vraiment d’intérêt en construction foraine (sur chantier, ndlr), car les sur longueurs sont plus lourdes. En revanche, dès lors que l’on aboute, la possibilité de purger par tronçonnage intervient, on obtient non seulement des…  (Suite de l’article dans le magazine N°24)