Et si on regardait de l’autre côté de la Manche ? Zoom sur les savoir-faire britanniques de la construction hors site, qui ont beaucoup à apprendre aux Français.

L’agence Grimshaw est née à Londres dans les années 1980 sous l’impulsion de Nicholas Grimshaw, architecte visionnaire pour qui la technique est le prolongement naturel de l’architecture. Dès ses débuts, l’agence s’est imposée dans des secteurs où l’ingénierie et l’architecture sont intimement liées : transports, infrastructures, industrie.
Aujourd’hui, Grimshaw est présente dans le monde entier – à Londres, New York, Los Angeles, Sydney, Melbourne et Paris. Elle poursuit la même philosophie : concevoir une architecture nourrie par la technique, soucieuse de sa fabrication et de son assemblage. Autrement dit, fidèle à la démarche du DfMA (Design for Manufacture and Assembly) et des MMC (Modern Methods of Construction) développées outre-Manche.
Lorsque nous avons ouvert le bureau parisien en 2016, à la faveur du projet du Grand Paris Express, cette culture anglo-saxonne a immédiatement constitué un socle de réflexion. Travailler en France, c’était pour nous l’occasion d’explorer comment ces méthodes, nées d’un monde de la construction britannique plus industrialisé, pouvaient s’adapter à un contexte constructif marqué par une autre histoire, d’autres manières de faire et une autre culture du matériau.
Cette expérience britannique et internationale nous amène à concevoir un bâtiment ou un ouvrage d’art non pas à partir de sa seule forme, mais à partir de son mode de fabrication et d’assemblage. Il s’agit d’anticiper, dès la conception, la manière dont chaque élément sera produit, transporté et posé. Cette approche change profondément le rapport entre l’architecte et la technique : le projet devient un système, pensé pour être fabriqué, et non un objet conçu puis traduit en chantier. (Suite de l’article dans le magazine N°30)













