Portés par la RE2020 et par des acteurs convaincus, les matériaux biosourcés gagnent du terrain. Bonne nouvelle : ils sont plus accessibles, mieux maîtrisés, et trouvent un nouvel élan grâce à la construction horssite, qui facilite leur diffusion et multiplie les solutions.

Le hors site sera-t-il un des moteurs pour doper la filière biosourcée ? Ses défenseurs en sont convaincus.
« Seule la fabrication hors site permettra de produire en série des murs ossature bois standardisés pour créer des bâtiments et massifier le biosourcé. Elle valorise ces matériaux dans des conditions de production maîtrisée, quand la préfabrication en usine garantit la qualité et la stabilité de la construction », martèle Tom Guggenbuhl, responsable technique chez Steico, qui propose des isolants en fibre de bois made in Aquitaine. Preuve, rappelle-t-il, que parmi ses multiples vertus, le hors site est aussi capable de réussir l’alliance « du circuit court à la rigueur industrielle qui étaient jusque-là deux notions opposées ».
Et pour Vincent Hannecart, président de l’AICB (Association des industriels de la construction biosourcée) et directeur général du groupe vendéen Cavac Biomatériau, « le hors site positionne économiquement le biosourcé, grâce à son intégration en amont dans la construction, ce qui est moins évident lorsqu’on le substitue à des matériaux traditionnels sur chantiers ».
Le hors site plus vert est d’abord « porté par la RE2020 qui valorise le carbone stocké dans le bois et trace une voie concrète pour démocratiser le biosourcé », résume Philippe Rémy, directeur général chez James Hardie France, qui a décidé de le rendre visible en estampillant du label Produit biosourcé de Karibati ses plaques standard et de sol pour chapes sèches.
Pour Sylvain Fourel, fondateur de Selvéa et biosourcé convaincu depuis 2008, sa filière « a démontré que le biosourcé est fiable, que ce soit au niveau du matériau de structure ou d’isolation ». En associant surtout de la ouate de cellulose — mais aussi de la fibre de bois, du coton issu de vêtements recyclés ou du chanvre pour les cloisons — à de l’ossature bois, « le combo est évident, simple et même low-tech », appuie Sylvain Fourel.
Sous les pneus, du béton de bois préfabriqué
Si Selvéa fait figure de pionnier avec ses solutions modulaires biosourcées, c’est surtout la 2D qui porte ce marché. Même si elle génère de nouvelles contraintes pour les fabricants d’isolants biosourcés : « La mise en œuvre et l’installation sont très bien gérées en hors site. Mais deux éléments nouveaux apparaissent par rapport aux traditionnels : d’une part la protection à l’eau et aux UV pendant la phase chantier, et d’autre part le transport. Nos matériaux n’ont pas l’habitude d’être déplacés à plat dans des palettes », dévoile Marie Jeffroy, responsable du pôle produits Isover et Placo, avec parfois des déboires de remontées d’humidité dans les matériaux.
En outre, Éric Barnasson, directeur développement et innovation chez Saint-Gobain… (Suite de l’article dans le magazine N°30)













