Rapprocher le bâti du vivant

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SÉQUENCE INTERVIEW Eduardo Blanco Chargé de mission Biomimétisme et Villes Régénératives au Ceebios

Le Ceebios, centre d’études et d’expertises dédié au déploiement du biomimétisme en France, a pour vocation d’accélérer la transition écologique et sociétale par le biomimétisme. Mais quel regard porter aujourd’hui sur les champs spécifiques de la construction et de l’urbanisme bio-inspirés ?

Vue des arches au sommet de la Tour D2 à La Défense, par Béchu & Associés, Paris, France

virginie speight. De São Paulo au Ceebios, votre trajectoire est liée au vivant.

Eduardo Blanco. Ingénieur de l’environnement diplômé de l’université de São Paulo au Brésil, j’ai complété en France cette formation dans le domaine du développement urbain durable par un master à l’École des Ponts ParisTech. Depuis trois ans, j’ai rejoint le Ceebios en tant que chargé de mission Biomimétisme et Villes Régénératives. Auparavant, dans mon pays d’origine, j’ai fait du conseil pour les collectivités autour, notamment, du transfert écologique, du plan développement durable, de la mobilité… Ceci essentiellement pour les collectivités brésiliennes. Au Ceebios, j’accompagne aujourd’hui les acteurs de la promotion de la ville qui sont intéressés par les approches du biomimétisme et de leur mise en œuvre, qu’il s’agisse de collectivités, de promoteurs immobiliers, d’architectes, d’équipes de construction ou d’urbanistes. Je partage avec eux des solutions bio-inspirées déjà existantes et disponibles sur le marché afin qu’ils puissent les intégrer au mieux dans leurs projets. Par ailleurs, j’interviens aussi au stade de la conception avec une approche plus méthodologique afin de les guider pour trouver et planifier un nouveau modèle écologique, en créant parfois des liens avec d’autres partenaires issus du monde scientifique. Nous travaillons davantage avec les collectivités, nous intervenons sur leur projet très en amont pour que le transfert de modèle écologique puisse fonctionner avec la nature comme le vivant. Nous guidons les acteurs dans le bon ciblage des défis techniques à relever avec le biomimétisme :régulation thermique, isolation acoustique, intégration de la biodiversité, gestion des eaux de pluie… Il s’agit de les aider au mieux à intégrer tous ces points dans le cahier des charges, de les soutenir au niveau de la sélection et de l’accompagnement des équipes qui répondent au projet.

V. S. Considérez-vous que le Ceebios a évolué depuis sa création ?

E. B. Quand je suis arrivé, on était à peu près une dizaine, actuellement nous sommes une trentaine. En termes de structure administrative, nous étions au départ une association loi 1901, désormais, nous sommes passés à une société coopérative à intérêt collectif sans but lucratif. Nous avons plusieurs sociétaires comme le Museum national d’histoire naturelle et quelques partenaires industriels qui nous suivent déjà depuis un moment comme L’Oréal, le pôle Euramaterials, Myceco, Vertigo Lab… Nous sommes soutenus par une soixantaine d’entreprises, de collectivités, d’associations… et il existe aussi des membres qui sont associés à titre personnel.

V. S. Constatez-vous un plus grand intérêt de la part des architectes et des constructeurs pour le biomimétisme ?

E. B. On observe une évolution, une augmentation dans l’entrée de la thématique. En ce qui concerne les architectes, je pense évidemment à… (Suite de l’article dans le magazine N°19)