Le diable se cache dans les détails. Lorsque les opérateurs du hors-site font leurs comptes, ils doivent se rendre à cette réalité : les postes les plus onéreux de la construction se dissimulent dans les «à-côtés» du projet, comme les salles de bains, la plomberie, la ventilation… Bonne nouvelle, c’est sur ces domaines-là que l’on peut agir. Pour peu que l’on observe ce que font nos voisins, adeptes de la standardisation.

Quand nous parlons de construction hors-site, nous pensons presque systématiquement au gros œuvre. Poteaux, poutres (1D), panneaux (2D), modules (3D). C’est là que se concentrent l’attention, l’innovation… et souvent les discours.
Mais pendant que nous regardons la structure, une autre révolution est en marche, plus discrète, et peut-être bien plus stratégique en fin de compte. Cette dernière concerne ce que l’on appelle les composants non structurels : les salles de bains préfabriquées, les réseaux de plomberie, l’électricité, la ventilation… Ce que les Anglo-Saxons appellent les MEP (Mechanical, Electrical and Plumbing). Bref, tout ce qui fait réellement fonctionner un bâtiment.
Et la réalité est implacable : dans de nombreux projets, les lots techniques valent plus cher que le gros œuvre. Dans les Ehpad ou les hôpitaux, ils représentent fréquemment 30 à 40 % du coût total, ainsi qu’une part encore plus importante en complexité, en heures de travail et en risques. Autrement dit : le cœur de valeur du bâtiment s’est déplacé.
L’exemple anglais des salles de bains préfabriquées
Si l’on observe ce qui se passe chez nos voisins, le mouvement pour valoriser ces postes est déjà engagé. Chez les Anglais, les MEP sont au cœur de toutes les attentions. Là-bas, la préfabrication de ces lots a connu une accélération spectaculaire.
Ainsi, les pods (salles de bains préfabriquées) sont un standard au pays de la Jelly. Le Royaume-Uni est passé à une échelle quasi industrielle : il réalise environ 100 000 pods par an aujourd’hui.
À comparer avec les chiffres français : nos trois excellents acteurs dans ce domaine – Altor, Baudet et HVA Concept – ne produisent qu’entre 10 000 et 20 000 pods par an. Et ce chiffre est… stable depuis près de 20 ans… (Suite de l’article dans le magazine N°32)














