Béton à faible impact carbone, de l’expérimentation à la banalisation

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Diminuer l’impact carbone du béton et de son liant principal, le ciment, une nécessité pour que le matériau ne soit pas exclu des projets bas carbone. D’ores et déjà, les industriels du secteur mettent les bouchées doubles pour développer des stratégies bas carbone à court et moyen termes. Et les préfabricants s’en emparent pour améliorer leurs procédés et proposer des solutions plus vertueuses.

Usine de prémurs KP1 à Vernouillet (68). Retournement de prémurs

D’abord, les faits : le ciment a comme constituant principal le clinker, lequel résulte de la cuisson à haute température d’un mélange d’argile et de calcaire. Un processus fortement émetteur de CO2 puisque, pour en produire une tonne, on en émet à peu près autant. Ces émissions proviennent à 40 % du processus industriel, notamment des combustibles. Processus que les cimentiers essaient d’améliorer en utilisant des combustibles alternatifs, en optimisant leur système de production, etc. Vicat vise, par exemple, un objectif zéro combustible fossile à l’horizon 2025.

Les 60 % restants sont liés à la réaction chimique lors de la fabrication du clinker, à savoir la calcination. Conclusion : fabriquer du clinker revient à produire automatiquement du CO2. Même en réduisant à zéro la part de celui-ci lors de la cuisson, il en reste 60 % d’émis. Le challenge est donc de taille. Cemex, Ciments Calcia, Eqiom, Edycem, Lafarge Holcim, tous les grands cimentiers cherchent donc à diminuer l’impact carbone du ciment et plus largement du béton, pour répondre à l’enjeu des…(Suite de l’article dans le magazine N°22)