Le gouvernement a élaboré un plan ambitieux. Baptisé « Relance logement », il prévoit la construction de 2 millions de logements dans l’Hexagone d’ici 2030. Mais comment faire ? La main-d’œuvre manque. L’industrialisation serait-elle la solution ? Suspense ! Il faudra d’abord en finir avec l’amnésie permanente qui empêche de vraies décisions politiques.

La France n’a pas un problème d’usines. Elle a un problème de commande publique.
À chaque débat sur la construction hors site, la même comparaison revient tel un refrain : la Suède construirait 80 à 85 % de ses logements grâce à la construction industrialisée, quand la France, elle, plafonne à quelques pourcents.
L’écart est spectaculaire, presque humiliant. Mais il est trop souvent mal interprété.
Comme le souligne le spécialiste américain du « Offsite Housing », Gary Fleisher, à propos des États-Unis, la Suède n’a pas « réussi le modulaire ». Elle a fait quelque chose de bien plus poussé : elle a transformé le logement en produit industriel et, surtout, elle a organisé tout son système de décision publique autour de cette réalité.
En France, nous faisons l’inverse. Nous parlons d’industrialisation tout en continuant à commander comme si chaque bâtiment devait rester un prototype.
Le succès suédois ne repose ni sur une technologie miracle ni sur une avance industrielle inaccessible. Il repose sur une décision politique prise de longue date, structurante et assumée : face à une crise massive du logement, l’État et les collectivités ont cessé de considérer la construction…(Suite de l’article dans le magazine N°31)














