En Chine, l’incroyable réinvention du chantier

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Si l’on peut encore apercevoir des grues massives sur les chantiers chinois, de celles qui ont fait l’image de l’empire du Milieu dans les années 2000, aujourd’hui on assiste à deux ruptures technologiques – la construction modulaire hors-site et l’impression 3D – qui redéfinissent le paysage du BTP. Gros plan sur cette nouvelle « civilisation écologique » que l’Europe peine tant à concevoir.

District de Xiaoshan à Hangzhou, dans la province chinoise du Zhejiang. Le village Turing est un complexe industriel de haute technologie créé pour favoriser le développement des entreprises d’intelligence artificielle.

Le chiffre reste vertigineux : avec plus de sept milliards de mètres carrés simultanément en chantier en 2024 – pour près de 740 millions de mètres carrés de surfaces nouvelles lancées la même année –, la Chine demeure de loin le premier marché mondial du bâtiment, malgré la contraction historique du secteur immobilier depuis 2021.

C’est ici que se joue désormais une bonne part du sort climatique de l’humanité, parce que la construction reste, à l’échelle mondiale, l’un des secteurs les plus énergivores et émetteurs : 32 % de la consommation énergétique et 34 % des émissions mondiales de CO₂, selon le dernier rapport du Programme des Nations unies pour l’environnement (2024-2025). Si la Chine continue de bâtir comme on l’a fait au XXᵉ siècle, toute trajectoire compatible avec l’Accord de Paris devient hors d’atteinte. Mais Pékin l’a compris avant beaucoup d’autres, et le concept de civilisation écologique – shengtai wenming, inscrit dans la Charte du Parti communiste depuis 2012 et dans la Constitution de la République populaire depuis 2018 – n’est pas qu’un slogan : il irrigue désormais la politique industrielle, l’urbanisme, et jusqu’aux pratiques de chantier.

C’est là, sur ces chantiers, que la mutation est la plus saisissante. Deux pratiques émergentes, toutes deux nées en Chine, et portées par des entrepreneurs qui revendiquent une vocation écologique, son…(Suite de l’article dans le magazine N°32)