Vite, ça urge

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Construire autrement n’est plus une ambition. C’est à présent une responsabilité.

En relisant l’édito que j’avais écrit lors de l’été 2022, je suis en proie à une forme de consternation, voire une profonde inquiétude face à notre incapacité collective à changer. Les alertes des scientifiques se sont malheureusement avérées exactes. Quatre ans plus tard, les canicules arrivent toujours plus tôt, durent toujours plus longtemps et battent chaque année de nouveaux records.

Le changement climatique n’est plus une hypothèse, c’est notre quotidien désormais. Et pourtant, nous continuons trop souvent à agir comme si nous avions encore le temps. En fait, ce qui m’interpelle le plus n’est pas le climat lui-même. C’est notre immobilisme face aux faits.

Nous savons. Nous disposons des technologies, des matériaux, des compétences et des solutions. Et nous continuons quand même trop souvent à construire comme si les ressources étaient infinies et que le carbone n’avait pas de coût.

Notre secteur porte une lourde responsabilité. En revanche, il possède un formidable pouvoir d’action. Qu’il utilise bien mal et bien peu. Il suffirait d’industrialiser davantage, de développer la construction hors-site, d’utiliser les matériaux biosourcés, de réduire les gaspillages, de concevoir autrement… autant de solutions qui existent déjà.

Désormais, le véritable défi n’est plus technique, il est culturel. Il ne s’agit plus seulement d’améliorer nos bâtiments, mais de transformer notre manière de les penser, les imaginer, les produire et les construire.

J’aime croire que la filière hors-site peut contribuer à cette évolution. Non pas parce qu’elle détient toutes les réponses, mais parce qu’elle ouvre une voie crédible vers une construction plus sobre, plus efficace et plus durable.

Le temps des constats est derrière nous. Celui de l’action est arrivé.

En 2022, nous pouvions dire que nous étions prévenus. En 2026, nous savons. La seule question qui demeure est celle-ci : sommes-nous enfin prêts à changer ?