Le petit prince des arbres

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Les héros se faisant rare, le Gallois Thomas Ward Crowther, professeur en écologie mondiale des écosystèmes à l’université renommée ETH de Zurich mérite le détour.

Jadis étudiant et dyslexique, le jeun homme n’est pas loin de mettre un terme à ses études et pourtant ne se laissant pas abattre, réussit à décrocher un doctorat sur l’analyse des sols forestiers. Ticket d’entrée pour l’université de Yale qui va changer le cours de sa vie, et pourquoi pas la notre. Aussi démesuré que cela puisse paraître, Thomas Crowther se lance à Yale dans le comptage de tous les arbres de la planète.
Pour relever ce défi insensé, il s’appuie sur un immense réseau, il va jusqu’à synthétiser les données terrain de plus de 400 000 points de comptage répartis sur toute la Terre. Eurêka, il réussit à établir que la Terre compte environ 3 000 milliards d’arbres – 7 fois plus que les estimations fournies par la NASA.

Aujourd’hui, on chiffre la perte planétaire en arbres, à deux par habitant et par an. On estime que 15 milliards d’arbres sont coupés chaque année à travers le monde. Ils disparaissent notamment en bois de chauffage, sont laissés en pâture aux animaux, ou alors sont transformés en plantations.


Parallèlement, le programme Plant for the Planet, initié par le jeune Felix Finkbeiner – en cours de parrainage par les Nations-Unies – fixe l’objectif de 1 000 milliards d’arbres à planter. Si on s’en tient aux calculs de Thomas Crowther, une décennie d’émissions
humaines de carbone pourraient être ainsi gommée en augmentant le captage de CO2. Les forêts reconstituées aux quatre coins du monde, auraient la capacité d’absorber suffisamment de dioxyde de carbone présent dans l’atmosphère.

Le Crowther Lab de cet homme infatigable cherche à y voir clair dans l’interaction entre les forêts et le climat. Les questions sont multiples comme celles entre autres soulevées par la captation de la chaleur par les feuilles. Son approche multi-disciplinaire est soutenue désormais par l’ONG néerlandaise, DOB Ecology, ce qui sur le plan financier est loin d’être négligeable. Voilà Thomas Crowther à 32 ans, bien qu’épaulé dans ses recherches par son équipe, aux manettes d’un champ d’investigation scientifique considérable pour tenter d’élucider le comportement des forêts.

Ce petit prince des arbres, versé depuis Yale dans l’étude approfondie des champignons, a semble-t-il encore beaucoup à nous apprendre pour
contribuer à la survie de note belle planète.